Karl Marx né le 5 mai 1818 à Trèves en Rhénanie et mort le 14 mars 1883 à Londres, est un historien, journaliste, philosophe, sociologue, économiste, essayiste, théoricien de la révolution, socialiste et communiste.
Il est connu pour sa conception matérialiste de l'histoire, sa description des rouages du capitalisme, et pour son activité révolutionnaire au sein du mouvement ouvrier. Il a notamment participé à l'Association internationale des travailleurs

Sa vie

Il est le deuxième d'une famille de huit enfants. Son père, Heinrich Marx (1777-1838), né Herschel Marx Levi Mordechai, était un avocat issu d’une famille de rabbins juifs ashkénazes — le grand-père d'Heinrich, Meier Halevi Marx, était devenu rabbin à Trèves en 1723 et ses fils et petit-fils furent les premiers à recevoir une éducation séculière — et de marchands propriétaires de vignobles dans la vallée de la Moselle. Pour exercer sa profession d'avocat, il se convertit au protestantisme en 1816 ou 1817, et changea son prénom de Herschel en Heinrich. Sa mère, Henriette Pressburg (20 juillet 1788-30 novembre 1863), est issue d'une famille juive hollandaise. Restée attachée à la religion juive, elle ne se convertira au luthéranisme qu'en 1825, après la mort de son père, qui était rabbin. Elle est la grand-tante des frères Gerard Philips et Anton Philips , fondateurs de la société Philips. Karl Marx est baptisé dans le luthéranisme en 1824 et confirmé à l'église de la Trinité de Trèves en 1834. Bien que son père respecte la tradition juive en donnant à son fils le prénom de son grand-père, Karl Heinrich Mordechai, il n'est pas élevé de façon religieuse et il n'y a aucune preuve que la famille Marx ait pratiqué la religion luthérienne ou juive.

En 1843 à Bad Kreuznach, Marx épouse une amie d'enfance, Jenny von Westphalen, avec laquelle il s'était fiancé étudiant. Sa femme est issue de la noblesse rhénane, son frère aîné deviendra ministre de l'Intérieur du royaume de Prusse au cours d'une des périodes les plus réactionnaires que connut ce pays, de 1850 à 1858.
Le couple a eu sept enfants, mais seules trois filles parviendront à l'âge adulte : Jenny Caroline (1844-1883), Laura (1845-1911) et Jenny Julia Eleanor (1855-1898). Laura épouse en 1868 Paul Lafargue, socialiste français qui laisse dans ses Souvenirs personnels sur Karl Marx une biographie intimiste du philosophe. Jenny Caroline épouse en 1872 Charles Longuet, personnalité de la Commune de Paris. Eleanor se marie avec un Britannique, Edward Aveling. Les deux premiers gendres de Marx semblent l'avoir beaucoup admiré et s'être inspirés de lui dans leurs engagements, Paul Lafargue fut même avec Jules Guesde un des fondateurs du Parti socialiste de France, parti marxiste qui fusionna plus tard avec le Parti socialiste français de Jean Jaurès et quelques autres partis de moins grande ampleur en formant la SFIO. Charles Longuet est le père de Jean Longuet qui eut un rôle déterminant durant le congrès de Tours de 1920, dans l'opposition à Lénine et à la SFIC, futur PCF. Marx entretint des relations parfois conflictuelles avec ces deux gendres, ainsi qu'avec un prétendant d'Eleanor, Hippolyte Prosper Olivier Lissagaray, ancien communard comme Longuet. Marx écrivit d'ailleurs à Engels dans une lettre datée du 11 novembre 1882 : « Longuet se conduit comme le dernier des proudhoniens et Lafargue comme le dernier des bakouninistes. Que le diable les emporte, ces oracles patentés du socialisme scientifique ! »

Sa théorie

En 1867 Marx publie enfin, après plus de 20 ans de travail, la première partie de son ouvrage Le Capital. Il continue son travail pour achever les deux tomes suivants mais, malade et manquant de temps, il ne laissera que des brouillons inachevés, qui sont ensuite mis en forme, achevés et publiés par Engels.

Karl Marx a abordé à la fois la philosophie, la sociologie, l’analyse économique du capitalisme dans le cadre du matérialisme et de la science. Il a appliqué, toujours dans le cadre matérialiste, une analyse critique des pensées de Pierre-Joseph Proudhon, Georg Wilhelm Friedrich Hegel, Ludwig Feuerbach, etc. Il a donc construit une nouvelle conception d'étude des sociétés que l'on nomme conception matérialiste de l'histoire.

Dans le cadre éthique, il milite pour le projet révolutionnaire communiste, c'est-à-dire une société débarrassée du salariat, du capitalisme, des classes sociales, des États, et des frontières.

Le marxisme est, économiquement, une analyse du capitalisme qui est un système dont la finalité est l’accumulation du capital par le biais des profits (ou plus-values). Ces profits représentent la part non rétribuée du travail des prolétaires qui reçoivent comme salaire juste de quoi renouveler leur force de production. L’analyse marxiste se fonde sur une conception de l’exploitation et de l’aliénation (le fait que le prolétaire ne se reconnaît pas dans le produit de son travail qui lui est étranger) dans le système de production. Les prolétaires et la bourgeoisie forment les deux classes sociales antagonistes définies par Karl Marx, dont l’étude est le cœur du marxisme.

Si Marx n’est pas le premier à parler de classes sociales, son apport est de considérer que les classes n’existent pas a priori et mènent à la lutte des classes. Au contraire, c’est la lutte des classes qui détermine l’existence de classes sociales. Elles ne sont pas une partie, une division, un sous-groupe de la société qui ensuite s’affronteraient.

Ce constat entraîne une vision spécifique de l’histoire. Pour les marxistes, l’étude historique des classes sociales n’est donc qu’une étude des différentes luttes des classes et de leurs effets. "L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes." écrivait Marx dans Le Manifeste du parti communiste (1848). Cela signifie que les luttes des classes ne sont pas des phénomènes ponctuels qu’on pourrait observer dans l’Histoire ou la cause des phénomènes historiques, mais qu’en réalité ce sont les différents phénomènes historiques observables qui sont des formes diverses de la lutte des classes.

Le marxisme se définit comme un matérialisme historique (ou dialectique), c’est-à-dire comme une science se définissant par rapport à un objet matériel, déterminant des lois suite à une démonstration. Son objet est l’ensemble des différents modes de production existants dans l’Histoire, leur fonctionnement et les transitions entre eux.

Pour Marx, "l’existence des classes n’est liée qu’à des phases historiques déterminées du développement de la production". Cela signifie que les classes sociales dépendent de leur place dans la production, de leur rôle économique. La lutte des classes dérive donc de la lutte économique des classes, c’est-à-dire la lutte des classes dans la production.

L’économie est la base du marxisme pour analyser le réel, à partir des conditions matérielles d’existence, c’est-à-dire les réalités vécues (pauvreté, conditions de travail, éducation etc.). La théorie marxiste est matérialiste puisqu’elle s’appuie sur la réalité matérielle, objective. En cela, les marxistes s’opposent aux idéalistes qui pensent que les idées sont indépendantes des conditions dans lesquelles les gens vivent. Plus simplement : "ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c’est inversement leur être social qui détermine leur conscience" a écrit Marx.

Pour Marx, le mouvement de l’Histoire mène nécessairement à la chute du capitalisme par ses propres contradictions (la baisse tendancielle du taux de profit par exemple) puis à une révolution amenant la dictature du prolétariat, qui n’est en fait qu’une phase transitionnelle permettant une société sans classes communiste.

La théorie marxiste a été une source d’inspiration majeure pour de nombreux penseurs qui ont ainsi utilisé le marxisme pour étudier l’histoire, la sociologie, l’économie et même la physique ou la chimie. Le marxisme-léninisme, qui met davantage l’accent sur l’activisme politique révolutionnaire et la dictature du prolétariat, est le prolongement au XXe siècle de la pensée de Marx et le fondement des régimes dits "communistes" mis en place après la Révolution russe de 1917. Pourtant, la majorité des marxistes considère aujourd’hui qu’il n’y a pas de liens entre ces régimes et la pensée de Karl Marx.

De nombreux partis et mouvements politiques se revendiquent toujours du marxisme comme le Parti Communiste Français, les mouvements et partis trotskistes (Nouveau Parti Anticapitaliste, Lutte Ouvrière), maoïstes (Parti Communiste Maoïste) ou communistes libertaires (Alternative Libertaire). Le marxisme a aussi inspiré tous les tenants du socialisme existants après le XIXe siècle.