Friedrich Hayek est né  le 8 mai 1899 à Vienne, il meurt le 23 mars 1992 à Fribourg-en-Brisgau. C'est un économiste et philosophe britannique originaire d'Autriche. Il partagea avec G.Myrdal le Prix Nobel d'économie en 1974 
pour « ses travaux pionniers dans la théorie de la monnaie et des fluctuations économiques et pour son analyse de l'interdépendance des phénomènes économiques, sociaux et institutionnels ».
Il est considéré comme un théoricien social ainsi qu'un penseur politique majeur du XXe siècle , et son compte rendu sur la manière dont le changement des prix communique des informations aux individus 
en les aidant à coordonner leurs plans est largement considéré comme une réalisation importante en économie, conduisant à son prix Nobel.

Sa vie

Hayek a servi durant la Première Guerre mondiale et déclara que son expérience dans la guerre et son désir d'aider à éviter de nouveau les erreurs qui ont conduit à ce conflit l'ont amené à étudier les sciences économiques. 
Il vécut en Autriche, au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Allemagne, et a été naturalisé britannique en 1938. Il passa la majeure partie de sa vie académique à la London School of Economics (LSE), à l'université de Chicago 
et à l'université de Fribourg-en-Brisgau

En 1984, il fut le premier récipiendaire du Prix Hanns Martin Schlayer  et a été nommé membre de l'Ordre des compagnons d'honneur par la reine Élisabeth II pour « ses services à l'étude des sciences économiques ». 
Il reçut également la médaille présidentielle de la Liberté en 1991 par le président américain George H. W. Bush. En 2011, son article L'utilisation de la connaissance dans la société (en) a été sélectionné 
comme l'un des vingt meilleurs articles publiés dans l'American Economic Review durant ses cent premières années.


Sa théorie


Ses thèses sur le malinvestissement et le rôle du crédit dans le développement des crises économiques s'opposent au keynésianisme : il cherche à montrer comment les politiques keynésiennes de croissance économique, 
basées sur l'utilisation du budget public et des agrégats, produisent sur le long terme à la fois inflation, stagnation économique et chômage (telle la stagflation des années 1970).

Développant la théorie des fluctuations économiques (vision « autrichienne » des cycles) déjà esquissée par Ludwig von Mises, il soutient que les crises économiques sont provoquées par les politiques monétaires expansionnistes 
des banques centrales et que la seule façon d'en sortir est de laisser jouer les forces du marché. L'économie se trouve comparée dans cette théorie à la nature, son fonctionnement repose alors sur des lois. 
La meilleure solution pour Hayek sera donc de laisser l'économie suivre sa tendance naturelle qui fonctionnne parfaitement seule.

Il s'oppose aux intellectuels socialistes ou constructivistes, qui croient que l'on peut refaire le monde à partir d'un projet de société théorique. 
Plus généralement, il combat toutes les idées affirmant qu'il est possible et souhaitable d'agir sur l'économie au nom de l'intérêt général, dont il récuse l'existence.
Il cherche à expliquer notamment comment l'intervention étatique dans le marché ne génère qu'inflation, chômage, récession ou dépression.

Friedrich Hayek a eu une influence considérable sur de nombreux économistes et chercheurs en sciences sociales, comme par exemple Israel Kirzner ou Igor Nazarenko. En France, il est représenté par l'école libérale aixoise 
et l'école libérale parisienne (Pascal Salin, Henri Lepage, Bertrand Lemennicier). A Montpellier, le regretté professeur de Droit, Christian Moulyprésenta son apport scientifique.

Dans Prix et production (Prices and Production, 1931) et La Théorie pure du capital (The Pure Theory of Capital, 1941), il développe la théorie autrichienne de la conjoncture fondée par Ludwig von Mises 
selon laquelle la crise économique est provoquée par la politique monétaire expansionniste de la banque centrale qui fausse le système de prix relatifs dans la structure de production ; 
l'excès de crédit développe exagérément les étages de cette structure les plus éloignés de la consommation finale, où les hausses de prix révèleront ensuite que les investissements n'étaient pas rentables. 
Dans ces conditions, la politique d'ajustement devrait consister à laisser les prix revenir à leur configuration d'équilibre, tout en renonçant à l'excès de crédit et — contrairement à Keynes — en encourageant l'épargne 
pour réduire plus rapidement l'écart entre l'investissement et son financement, que la crise a révélé. Cette théorie de la conjoncture lui vaut le prix Nobel d'économie.

La théorie économique autrichienne commence par énumérer les lois logiques de l'économie, et tient qu'il n'y en a pas d'autres qui soient stables (dualisme méthodologique). 
La différence majeure de son approche conjoncturelle est d'étudier la conjoncture en tenant compte du système des prix, et de la manière dont la planification centrale de la production de monnaie par la banque centrale fausse l'information dont ces prix sont porteurs.

Incarnant la tradition franco-autrichienne (de Charles Coquelin à Ludwig von Mises, lequel l'y avait initié à partir de 1927) qui attribue les crises économiques et financières aux investissements mal dirigés par une politique d'excès de crédit, il rejette les explications de la conjoncture — qu'il juge ignorantes et superficielles — avancées par son ami et adversaire  J.M Keynes qu'il décrit comme un homme de grande intelligence, mais aux connaissances limitées en théorie économique. Il lui reproche toutefois d'avoir déclaré « avoir toujours été et vouloir rester toujours un immoraliste ». Il regrettera de ne pas avoir, écrit à temps contre sa Théorie générale la réfutation qu'elle appelait. 
Par la suite, néanmoins, il se fera un jeu de montrer comment les politiques keynésiennes de relance économique, fondées sur l'utilisation du budget public, produisent sur le long terme à la fois inflation, stagnation économique et chômage, combinaison que la « macroéconomie » keynésienne excluait par hypothèse.

Comme son mentor Mises, Hayek aura toujours rejeté la méthode macroéconomique de construction de « modèles » fondés sur des corrélations entre des agrégats, voyant dans les phénomènes conjoncturels un désordre de l'ensemble du système de prix, et jugeant entre autres que la notion de « niveau général des prix » masquait l'essentiel des phénomènes pertinents.

Hayek s'oppose aux intellectuels « constructivistes », selon son vocabulaire, qui établissent des « projets de société » dont il dénonce le « scientisme ». Dans une perspective épistémologique, il s'attache à montrer que nul ne peut appréhender le monde dans sa complexité, y compris les gouvernants. Tout projet de société collectiviste, toute tentative de gestion rationnelle et globale de la société ne tient nécessairement pas compte de l'autonomie des personnes et de l'imprévisibilité de leurs actes, et est vouée à l'échec. Par « constructivistes », Hayek désigne principalement les socialistes mais également les conservateurs qui entendent modeler la société conformément à leur idéal.

Hayek n’invoque pas dans son œuvre un calcul implicite de la Providence ou de la Nature, et il ne prétend pas non plus appuyer ses affirmations sur une maîtrise intellectuelle du système social qui serait telle qu’elle le mettrait en mesure de tout expliquer avec certitude. Il affirme au contraire qu’il n’est pas possible à la pensée humaine de dominer assez ce système pour le comprendre, et c’est là-dessus qu’il s’appuie pour justifier son attachement au marché.

Il introduit un argument nouveau, inspiré de la sélection naturelle. L’idée de base de toute sa démonstration, c’est que les comportements qui permettent à la société de fonctionner de façon satisfaisante et efficace ont été sélectionnés et transmis à travers les générations sous forme de règles et de valeurs, mais que jamais personne n’a pu et ne pourra parvenir à la compréhension détaillée de l’ensemble du mécanisme qui fait passer d’une somme de comportements individuels à un effet collectif, et qui seule permettrait de justifier rationnellement ces règles et ces valeurs. 

Selon Hayek, la meilleure garantie pour le maintien d'une société civilisée réside dans le maintien d'un « ordre spontané » d'interaction entre les cerveaux individuels, qui seul permet « la mise en ordre de l'inconnu ». 
D'après lui, tenter d'imposer à la place un ordre planifié, forcément par un petit nombre, ne peut que détruire la production locale d'information et la discipline de la responsabilité qui sont nécessaires à la régulation de l'ordre social